{"id":20188,"date":"2024-05-13T10:02:33","date_gmt":"2024-05-13T08:02:33","guid":{"rendered":"https:\/\/cinema.bretagne.bzh\/?p=20188"},"modified":"2024-05-13T12:38:23","modified_gmt":"2024-05-13T10:38:23","slug":"cannes-2024-films-grand-huit-sous-le-feu-des-projecteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cinema.bretagne.bzh\/en\/actualites\/2024\/05\/cannes-2024-films-grand-huit-sous-le-feu-des-projecteurs\/","title":{"rendered":"Cannes 2024: Films Grand Huit sous le feu des projecteurs"},"content":{"rendered":"
\n Leur soci\u00e9t\u00e9 de production se nomme Films Grand Huit parce que comme l\u2019explique Pauline Seigland, une des deux t\u00eates pensantes de l\u2019entreprise bretonne, \u00ab produire du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant, c\u2019est un saut dans l\u2019inconnu avec des grands hauts et bas. \u00bb Laur\u00e9ate en 2022 de deux C\u00e9sars, de l\u2019Ours d\u2019argent avec Disco Boy \u00e0 la Berlinale 2023, Films Grand Huit d\u00e9barque cette ann\u00e9e au Festival de Cannes avec deux films. Entretien crois\u00e9 avec ses deux fondateurs, Pauline Seigland et Lionel Massol. <\/p>\n\n \u00ab Nous sommes deux calculettes paillet\u00e9es ! \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n Pauline Seigland <\/strong>: On s\u2019est rencontr\u00e9s en BTS audiovisuel \u00e0 Toulouse puis nous sommes all\u00e9s ensemble \u00e9tudier \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Gobelins \u00e0 Paris. Ensuite, on peut dire qu\u2019on s\u2019est suivi mutuellement et professionnellement. On travaillait tous deux sur des postes d\u2019assistants, nous avons avanc\u00e9 ensemble sans nous perdre de vue. Jusqu\u2019au moment, en 2015, o\u00f9 nous avons d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er Films Grand Huit, notre propre petit cocon. Le si\u00e8ge social se trouve \u00e0 Saint-Pierre de Quiberon o\u00f9 nous avons aussi une r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture, en plus d\u2019un bureau \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n Pauline Seigland : <\/strong>Je dirais qu\u2019elles se ressemblent et diff\u00e8rent. Nous sommes amis dans la vie. Nous avons des points communs, des envies communes d\u2019avec qui travailler. Nous partageons une m\u00eame volont\u00e9 de raconter l\u2019\u00e9tat du monde, en adoptant un point de vue qui peut \u00eatre tr\u00e8s po\u00e9tique, tr\u00e8s intime mais qui raconte toujours quelque chose de politique. Nous sommes aussi tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans les chiffres, dans les budgets mais aussi dans comment un film vit, doit rencontrer son public, et \u00e7a on le fait tous les deux. Je dirais pour nous r\u00e9sumer que nous sommes deux calculettes paillet\u00e9es !<\/p>\n\n\n\n Pauline Seigland : <\/strong>Lionel et moi partageons la m\u00eame cin\u00e9philie et le m\u00eame \u00e9clectisme, m\u00eame si on aime des typologies de films tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Je suis tr\u00e8s expansive, tr\u00e8s concr\u00e8te, j\u2019ai tr\u00e8s longtemps travaill\u00e9 \u00e0 des postes de direction de prod. Lionel est plus impliqu\u00e9 dans les structures, il a comme points forts de savoir g\u00e9rer une soci\u00e9t\u00e9, il est aussi tr\u00e8s fort en post-prod. Il est plus carr\u00e9 que moi, plus organis\u00e9. Moi je suis un peu plus fofolle, ce qui peut avoir du bon aussi. En r\u00e9alit\u00e9, on se compl\u00e8te super bien.<\/p>\n\n\n\n Lionel Massol <\/strong>: Je suis d\u2019accord, notre compl\u00e9mentarit\u00e9 dans le travail est g\u00e9niale, dans ce que doit \u00eatre le cin\u00e9ma, dans tout ce qui va permettre de cr\u00e9er ou de faire aboutir un projet, nous parvenons naturellement \u00e0 une r\u00e9partition des r\u00f4les tr\u00e8s naturelle. C\u2019est presque de la t\u00e9l\u00e9pathie. C\u2019est hyper agr\u00e9able de travailler ensemble.<\/p>\n\n\n\n Lionel Massol <\/strong>: Tout \u00e0 fait. Produire et permettre \u00e0 ce film d\u2019exister fut loin d\u2019\u00eatre simple. J\u2019ai rencontr\u00e9 Camila, une r\u00e9alisatrice colombienne vivant en France, dipl\u00f4m\u00e9e des Beaux-Arts, il y a dix ans au festival de Clermont-Ferrand. J\u2019ai voulu alors savoir qui elle \u00e9tait et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par sa puissance de mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s rare. Pour ce long m\u00e9trage qui parle de ce que c\u2019est de devenir une femme au c\u0153ur du Bogota des ann\u00e9es 1990, dans une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s paternaliste, dangereuse, le financement a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s long. Mais nous y sommes parvenus. Au bout du compte, Camila a r\u00e9alis\u00e9 un objet cin\u00e9matographique rare, fort, avec un point de vue tr\u00e8s f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n Pauline Seigland\u00a0:<\/strong> Oui. J\u2019ai toujours eu beaucoup d\u2019estime pour Jonathan, c\u2019est quelqu\u2019un de tr\u00e8s impliqu\u00e9 politiquement dans par exemple l\u2019accueil des sans papiers, nous partageons une m\u00eame vision de ce qui ne va pas dans le monde. Il m\u2019a parl\u00e9 du fait divers dont parle ce film, la fa\u00e7on dont des Syriens, en Europe, se sont regroup\u00e9s pour retrouver des bourreaux du r\u00e9gime de Bachar el-Assad. Il m\u2019a dit vouloir r\u00e9aliser un film d\u2019espionnage intimiste. Et j\u2019ai dit oui. Ensuite, c\u2019est all\u00e9 tr\u00e8s vite, le film a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une s\u00e9lection du Groupe Ouest en 2021 pour son d\u00e9veloppement. Le soutien de tous les financements que nous avions demand\u00e9s sont ensuite arriv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Lionel Massol : <\/strong>Nous avons notamment b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019aide r\u00e9gional au co-d\u00e9veloppement international, qui permet aux soci\u00e9t\u00e9s bretonnes de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une aide pour d\u00e9velopper des projets \u00e0 l\u2019international. Une aide vraiment g\u00e9niale et qui fonctionne vraiment. Les autres soutiens de Bretagne Cin\u00e9ma et de la R\u00e9gion en termes d\u2019aide \u00e0 la production, du mat\u00e9riel de tournage nous ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieuses. Et la post-production son et image s\u2019est effectu\u00e9e en Bretagne.<\/p>\n\n\n\n Pauline Seigland :<\/strong> Un quart de l\u2019\u00e9quipe des Fant\u00f4mes \u00e9tait bretonne, et a travaill\u00e9 sur l\u2019ensemble du tournage, dans tous les lieux, \u00e0 Strasbourg, en Allemagne et en Jordanie. Toute la fili\u00e8re son \u00e9tait bretonne, perchman, monteur son, ing\u00e9nieur du son\u2026 Mais aussi la post-production, l\u2019assistance cam\u00e9ra. On a vraiment amen\u00e9 la Bretagne avec nous partout sur ce film.<\/p>\n\n\n\n Lionel Massol :<\/strong> Encore une fois, les aides financi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 exceptionnelles. Nous sommes Bretons, nous avons vraiment \u00e0 c\u0153ur de d\u00e9velopper des coop\u00e9rations \u00e0 long terme avec ces institutions, de d\u00e9velopper des collaborations avec l’Accueil des tournages, avec les techniciens d\u2019ici. De faire fructifier et vivre ces m\u00e9tiers en Bretagne.<\/p>\n\n\n\n Pauline Seigland :<\/strong> Nous avons travaill\u00e9 avec des \u00e9quipes bretonnes sur les deux films, pas mal de gens ont m\u00eame travaill\u00e9 sur les deux, commen\u00e7ant par l\u2019un, poursuivant avec l\u2019autre. C\u2019est exceptionnel de b\u00e9n\u00e9ficier de telles conditions de travail, de telles \u00e9quipes, et de pouvoir produire des films hyper ambitieux, dont nous sommes vraiment fiers.<\/p>\n\n\n\n\n\n
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Comment vous \u00eates-vous rencontr\u00e9s et avez commenc\u00e9 \u00e0 travailler ensemble ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Diriez-vous que vos personnalit\u00e9s sont compl\u00e9mentaires, similaires, diff\u00e9rentes ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Et en quoi diff\u00e9rez-vous ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Pouvez-nous nous pr\u00e9senter les deux films que vous produisez et qui sont s\u00e9lectionn\u00e9s cette ann\u00e9e au Festival de Cannes\u00a0? Il y a d\u2019abord “Mi Bestia<\/em>” de Camila Beltr\u00e1n, s\u00e9lectionn\u00e9 par l\u2019ACID, l\u2019Association du Cin\u00e9ma Ind\u00e9pendant pour sa Diffusion\u2026<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Pauline, vous vous \u00eates de votre c\u00f4t\u00e9 impliqu\u00e9e aupr\u00e8s de Jonathan Millet, dont “Les Fant\u00f4mes<\/em>” sera projet\u00e9 en ouverture de la Semaine de la critique\u2026<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Aucun des deux films n\u2019a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 en Bretagne. En quoi sont-ils pour autant bretons ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
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