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Avec “Camarades”, l’université de Vincennes renaît en Bretagne

L’université de Vincennes, projet utopique né en 1969 aux portes de Paris, est au cœur de la série “Camarades”. Pour recréer cette faculté innovante, le campus de Beaulieu à Rennes a accueilli le tournage durant deux mois, l’été 2025. Les 8 épisodes sont à découvrir sur Arte.tv à partir du 16 septembre et sur Arte les 24 septembre et 1er octobre.

Crédit photo : La série CAMARADES sera disponible dès le 16 septembre sur Arte.tv © Agat Films

L’utopie de l’université de Vincennes

“Camarades” retrace la première année de l’université expérimentale de Paris-Vincennes qui a démarré dans une joyeuse effervescence. Construite en 1969, cette “non-université” fut une utopie qui dura dix ans. Vincennes voulait répandre l’esprit de mai 1968 et prônait l’auto-gestion. L’enseignement révolutionnaire était porté par les penseurs Gilles Deleuze, Helene Cixous ou Michel Foucault, de nouvelles disciplines comme l’urbanisme et le cinéma y étaient enseignées. Pas besoin de bac pour s’inscrire, des cours du soir accueillaient les travailleurs, une crèche était prévue pour les mères étudiantes… Mais l’esprit révolutionnaire qui y régnait a eu raison de Vincennes. Ses bâtiments ont été détruits en 1980 avant un déménagement express sur le campus de Saint-Denis. 

Cette utopie a inspiré le scénariste Benjamin Charbit (“Sous contrôle”, “Zorro”) accompagné de son comparse Dominique Baumard (“Le Bureau des Légendes”, “Becoming Karl Lagerfeld”) :

“J’avais envie de faire une série sur l’université de manière générale et en écoutant l’un des cours de Deleuze, philosophe qui m’intéresse beaucoup, j’ai appris l’existence de Vincennes. Avec Dominique, à qui j’ai pensé tout de suite, on s’est dit qu’on tenait là une très belle façon d’aborder le sujet d’origine en se penchant sur… l’anti-université.” 

Le campus de Beaulieu à Rennes recrée l’université de Vincennes

Les huit épisodes de la série, qu’ils ont également réalisée, couvrent la première année scolaire de ce “Woodstock-sur-Seine”. Puisque ce lieu historique a été détruit, l’équipe a choisi de tourner au campus de Beaulieu. Cette faculté rennaise, construite également dans les années 60, partage avec Vincennes le même esprit architectural de bâtiments de verre et béton implantés au sein d’espaces verts. Les deux mois de tournage à l’été 2025 se sont donc déroulés principalement sur le campus, avec une équipe composée en partie de professionnels locaux.  

Crédit photo : Le décor principal est le campus de Beaulieu à Rennes, construit au début des années 1980 © Agat Films

Un casting entre théâtre et cinéma

Les personnages principaux campent chacun une facette inédite de cette université bouillonnante. Son président bonhomme (Grégory Gadebois) tente de tenir debout dans la tourmente, face à un professeur qui ne donne pas de cours (Pierre-François Garel) allié à une provinciale révolutionnaire intransigeante (Lulja Comar). Et un policier gaulliste (Vincent Elbaz) tente d’infiltrer les lieux par le biais de sa maitresse, prostituée du bois de Vincennes devenue étudiante. Mention spéciale à Manon Kneusé, qui excelle dans le rôle de Claudine, tiraillée entre l’amour et l’émancipation. Cette comédienne a d’ailleurs été primée à la dernière édition du festival Séries Mania. Les “Camarades” de la série, ce sont aussi plus de deux cent figurants et une vingtaine de rôles secondaires, étudiants venant notamment de l’école du Théâtre National de Bretagne, qui se sont, eux aussi, visiblement amusés avec leurs personnages.  

“On s’est assez naturellement dirigés vers des comédiens qui venaient plutôt du théâtre, explique Dominique Baumard, parce que la série porte un plaisir du texte, des mots, ce qui rejoint la raison pour laquelle il y a fréquemment des choses écrites à l’écran. Le tournage a été très ludique, peu de prises se ressemblaient.” 

Crédit photo : Vincent Elbaz et Manon Kneusé, qui a reçu le prix de la meilleure actrice de la compétition française au festival Séries Mania 2026 © Agat Films

Une mise en scène inventive

Les deux réalisateurs ont rivalisé d’imagination, n’hésitant pas à passer par surprise du documentaire à la comédie musicale, au polar ou même au roman photo. Les citations politiques ouvrent chaque épisode, les slogans recouvrent les murs mais aussi l’image, reprenant le principe des collages filmés des années 70. Les archives qui parsèment la série se fondent avec les prises réelles, intégrant soudain les comédiens dans un cours bondé et enfumé de Deleuze ou Foucault. Grâce à cette inventivité formelle, portée par une bonne dose d’humour, “Camarades” nous fait revivre le meilleur de l’université de Vincennes.   

Soutenue par Bretagne Cinéma, la série a reçu l’aide à la production de la Région Bretagne en partenariat avec le CNC et l’accompagnement personnalisé de l’Accueil des tournages.

  • Production : Agat Films & Cie / Ex Nihilo et Sunday Afternoon (Muriel Meynard, Marc Bordure et Benjamin Charbit)
  • En coproduction avec : ARTE France
  • Réalisation : Benjamin Charbit, Dominique Baumard
  • Scénario :  Benjamin Charbit, Dominique Baumard, Homeïda Behi
  • Casting : Manon Kneusé, Pierre-François Garel, Lulja Comar, Grégory Gadebois, Micha Lescot, Emilie Incerti Formentini, Vincent Elbaz, Reda Bendahou, Constance Dollé
  • Diffuseur : ARTE France 

Actualité rédigée par Valérie Ganne.

Découvrir “Camarades”

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