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Sortie en salles : “Mariage au goût d’orange” de Christophe Honoré

Avec “Mariage au goût d’orange”, le cinéaste Christophe Honoré nous convie aux noces de son jeune oncle en 1978. Ce portrait choral de sa famille maternelle est l’aboutissement d’une biographie collective initiée depuis son adolescence. Le long métrage sortira en salles le 9 décembre.

Les liens de Christophe Honoré avec la Bretagne sont fondateurs. Il y est né et a été collégien à Rostrenen, ville où il fréquentait assidument le Ciné Breiz. Parti étudier les lettres à Rennes, le jeune homme a rejoint Paris à 25 ans. D’abord écrivain pour la jeunesse, il a réalisé son premier film en 2002, 17 fois Cécile Cassard, portrait fragmenté de sa mère en jeune veuve. La Bretagne, sa famille et son adolescence sont ainsi autant de terres d’inspiration, pour certains de ses livres ou ses mises en scène de spectacle vivant, notamment en 2008 lorsqu’il a été artiste associé au théâtre de Lorient. Tout contre Léo adapté de son propre roman jeunesse s’est tourné en partie dans le Finistère (en 2002), Non ma fille tu n’iras pas danser aux monts d’Arrée (en 2009) et Plaire aimer et courir vite à Rennes, film projeté en sélection officielle à Cannes et récompensé du prix Louis Delluc en 2018. 

Biographie familiale 

Mariage au goût d’orange son seizième (!) film, est le prolongement cinématographique de sa pièce “Dans le ciel de Nantes” montée en 2022 à l’Odéon. La famille Puig est réunie pour le mariage de Jacques, dernier des sept enfants, à Nantes, ville de la grand-mère maternelle du réalisateur. Le tournage s’est déroulé en pays angevin mais également à Rennes en février 2026, avec la participation d’un certain nombre de comédiens, techniciens, figurants et prestataires bretons. Christophe Honoré signe ainsi l’aboutissement d’un parcours autobiographique comme écrivain, metteur en scène de théâtre et cinéaste.

Ce film, j’ai l’impression de le connaître depuis toujours. Comme un ami de longue date dont le visage et la voix me seraient familiers. 

Portrait choral  

Le réalisateur a su mobiliser un casting haut de gamme. Parmi la quinzaine de rôles majeurs, deux fidèles de sa troupe mènent la danse. En tête, le jeune marié est Paul Kircher, l’adolescent du Lycéen, rôle qui l’a révélé au grand public en 2022. Son mariage d’amour avec Martine est la promesse d’un nouveau bonheur pour cette famille bancale. Il forme un duo fraternel avec Vincent Lacoste, qui jouait déjà son grand frère dans Le Lycéen. Désinvolte et hâbleur, il incarne Dominique, celui qui porte la famille, tente de colmater les brèches et de faire oublier les disputes. Pour interpréter les sœurs Puig, le cinéaste a recruté des comédiennes qu’il n’avait encore jamais dirigées. Pour n’en citer que trois, Malou Khebizi, découverte avec Diamant brut est la mariée amoureuse, Nadia Tereszkiewicz, héroïne des Amandiers incarne la mère de Christophe, Adèle Exarchopoulos, que l’on ne présente plus, porte le rôle délicat d’une tante dépressive brisée par son divorce. Enfin, au milieu des cousins, apparait Christophe, enfant silencieux qui observe et photographie les adultes, un pré-adolescent que l’on dit déjà trop efféminé.

Un passé enterré

Chez les Puig les blessures sont bien cachées, mais pas cicatrisées : le père violent mis à l’écart depuis des années rode autour du mariage, la guerre d’Algérie hante encore le frère aîné, les soucis d’argent et la brutalité masculine débordent au milieu des conversations anodines et des chansons populaires reprises à l’unisson. La fête est interrompue un instant par l’annonce de la mort de Claude François, mais c’est pour reprendre de plus belle. Les sentiments, qu’ils soient tus ou soudain débordants, parcourent les personnages en une seule soirée, pour exploser quelques années plus tard.

Fort heureusement, les danses, les chansons populaires et les rituels vieillots – la culotte de la belle-mère au feu, la jarretière de la mariée aux enchères – constituent des parenthèses bienvenues dans cette cocotte-minute toujours proche de l’explosion. Au final, ce mariage ressemble moins à une orange qu’à un ciel breton imprévisible, offrant plusieurs fois dans la même journée de la pluie battante et des éclaircies lumineuses.  

Ce film s’est présenté à moi comme un portrait collectif, multiple, composé d’existences entremêlées, précise le réalisateur. Celles d’hommes et de femmes qui se tiennent à distance de leurs propres émotions, qui refusent toute forme de sentimentalité. Et pourtant, seuls les sentiments leur importent : ils sont sans cesse traversés, parfois débordés, comme contaminés par eux. C’est leur bien commun, leur héritage.

>Voir la bande-annonce et consulter la fiche du film

Soutenu par Bretagne Cinéma, le film a reçu l’aide à la production de la Région Bretagne en partenariat avec le CNC et l’accompagnement personnalisé de l’Accueil des tournages. L’équipe d’Accueil des tournages a notamment aidé la production sur sa recherche de décors et de professionnels.

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